L'extrait du livret de "Aya Collette Live !"
"Tisser la musique avec le
fil des poèmes"
Teruto SOEJIMA (critique de jazz)
...Que représente cet espace sonore embrume ?
Aya COLLETTE joue du piano et chante des poèmes, ou plutôt les conte avec une intonation particulière. Cependant, elle les conte si vite que chaque mot ne s’entend pas clairement. Parfois cela ressemble a une promenade dans des bois profonds ou l’on est surpris par un oiseau qui s’envole devant soi ; c’est ainsi qu’un mot ou une phrase apparaît un instant et s’en va aussitôt. La musique avance et le temps s’écoule......Aya COLLETTE ne respecte pas forcement les contraintes des intonations de paroles des textes qu’elle choisit de mettre en musique. Pour les rythmes aussi, le temps choisi au départ n’est pas toujours fixe et donc, il évolue. En fait, elle déboîte le rythme, et ainsi le temps devient libre.
...Avec BAUDELAIRE, Langston HUGHES, Mitsuharu KANEKO, et Jean-luc GODARD, le langage poétique qu’Aya COLLETTE a soigneusement sélectionné s’envole, et le son de son piano s’étale parfois avec dynamisme et parfois avec douceur.
...Aya COLLETTE développe toujours les poèmes choisis avec sa sensibilité et n’essaie jamais de transmettre ceux-ci aux auditeurs qu’avec des interprétations et des images simplettes. Avec le sens, l’esprit, l’écriture et le son,…etc., elle tisse sa musique avec le fil des poèmes. C’est ainsi qu’elle crée un monde sonore magique ou les auditeurs se baignent dans celui-ci tellement il est agréable. Elle est une prêtresse au service du langage des poèmes, ou elle met l’oracle en musique pour nous le transmettre. Je voudrais appeler l’ensemble de cette création «Pop avant-garde».